Conduite sous l'empire d'un état alcoolique

Le cadre légal
La loi distingue deux niveaux d'infraction selon le taux d'alcool constaté.
En dessous de 0,80 g par litre de sang (0,40 mg par litre d'air expiré), l'infraction est une contravention de 4ème classe.
À partir de ces seuils, il s'agit d'un délit jugé devant le tribunal correctionnel.
L'ivresse manifeste constitue également un délit, indépendamment de tout taux mesuré.
Les sanctions encourues
En contravention : amende forfaitaire de 135 euros, retrait de 6 points, suspension administrative du permis jusqu'à 3 ans.
En délit, les peines ont été alourdies par la loi du 11 juillet 2025 : 3 ans d'emprisonnement et 9 000 euros d'amende.
Des peines complémentaires s'ajoutent : suspension du permis jusqu'à 5 ans sans possibilité de sursis, annulation du permis avec interdiction de le repasser jusqu'à 5 ans, confiscation du véhicule, TIG, obligation d'un EAD. La suspension ne peut jamais être limitée à la conduite hors activité professionnelle.
Les leviers de défense
Tout contrôle d'alcoolémie repose sur un protocole strict. Le respect du délai entre les deux souffles, l'étalonnage de l'éthylomètre, la notification correcte des droits ,chacun de ces éléments peut être vérifié. Un vice de procédure à ce stade peut entraîner la nullité de la preuve et conduire à la relaxe. L'analyse ligne par ligne du procès-verbal est souvent le premier réflexe défensif.
Mon intervention
J'analyse les pièces dès la convocation pour identifier tout vice de procédure. Je construis une défense adaptée à chaque situation : contestation de la procédure, préservation de l'activité professionnelle, aménagement de peine, plaidoirie sur la personnalité du prévenu.
Des premières réponses à vos questions
Tout dépend du taux constaté. En dessous de 0,80 g par litre de sang (0,40 mg par litre d'air expiré), l'infraction est une contravention de 4ème classe : amende forfaitaire de 135 euros, retrait de 6 points, suspension possible jusqu'à 3 ans. À partir de ces seuils, c'est un délit puni depuis la loi du 11 juillet 2025 de 3 ans d'emprisonnement et 9 000 euros d'amende. La frontière entre les deux est nette mais ses conséquences sont radicalement différentes.
Pour les conducteurs en période probatoire, les conducteurs de transport en commun et les conducteurs équipés d'un EAD, le seuil contraventionnel est abaissé à 0,20 g par litre de sang (0,10 mg par litre d'air expiré). En dessous de ce seuil il n'y a pas d'infraction, au-dessus c'est une contravention, et au-delà des seuils délictuels de droit commun c'est un délit. Ces conducteurs sont donc soumis à un régime beaucoup plus strict que les conducteurs confirmés.
Oui. Tout conducteur contrôlé positif à l'éthylomètre a le droit de demander une contre-analyse par prise de sang. Ce droit doit lui être notifié lors du contrôle.
Le refus de se soumettre aux vérifications est un délit distinct, puni de 2 ans d'emprisonnement et 4 500 euros d'amende. Des peines complémentaires s'ajoutent : suspension du permis jusqu'à 3 ans, annulation avec interdiction jusqu'à 3 ans, confiscation du véhicule, TIG, obligation d'un EAD. Refuser de souffler n'évite pas les poursuites.
La récidive aggrave considérablement les conséquences. En état de récidive légale, toute condamnation pour alcool au volant donne lieu de plein droit à l'annulation du permis, assortie d'une interdiction de conduire tout véhicule non équipé d'un EAD pendant 3 ans à compter de l'obtention du nouveau permis. À l'issue de cette période, un contrôle médical d'aptitude à la conduite est obligatoire.
L'éthylotest anti-démarrage est un dispositif installé sur le véhicule qui empêche son démarrage en cas de taux d'alcool positif. Le tribunal peut, en lieu et place d'une suspension ou annulation sèche, interdire au condamné de conduire tout véhicule non équipé d'un EAD pour une durée pouvant aller jusqu'à 5 ans. C'est une alternative concrète qui permet de continuer à conduire sous conditions.
Oui, en cas de délit. Une condamnation pour conduite sous l'empire d'un état alcoolique délictuel s'inscrit au casier judiciaire et peut avoir des répercussions durables : accès à certains emplois, renouvellement de titre de séjour, exercice de certaines professions. Pour une contravention, en revanche, il n'y a pas d'inscription au casier judiciaire.
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