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Infraction chez les mineurs

Un mineur n'est pas un adulte devant la justice. La loi lui réserve un traitement distinct, avec des règles propres, des juridictions spécialisées et une priorité claire donnée à l'éducation sur la sanction

Le cadre particulier

Le droit pénal des mineurs est régi par le Code de la justice pénale des mineurs, entré en vigueur le 30 septembre 2021. Il organise une procédure entièrement distincte du droit commun, avec des juridictions spécialisées, juge des enfants, tribunal pour enfants, cour d'assises des mineurs, et un principe fondamental : la priorité donnée aux mesures éducatives sur les peines. La responsabilité pénale d'un mineur est conditionnée à sa capacité de discernement, c'est-à-dire sa capacité à comprendre et vouloir son acte.

Les mesures possibles

Les mineurs de moins de 13 ans sont présumés ne pas être capables de discernement, seules des mesures éducatives peuvent leur être appliquées, jamais de peines. Cette présomption peut être renversée si les éléments du dossier établissent le contraire.

À partir de 13 ans, le discernement est présumé et des peines peuvent être prononcées mais elles ne peuvent jamais dépasser la moitié de la peine encourue par un majeur pour les mêmes faits.

Si la peine encourue est la perpétuité, le maximum pour un mineur est de 20 ans.

Pour les mineurs de 16 à 18 ans, le tribunal peut dans les cas les plus graves écarter cette réduction de moitié.

Dans tous les cas, les mesures éducatives restent privilégiées.

Le déroulement

La procédure applicable aux mineurs repose sur la mise à l'épreuve éducative : une première audience statue sur la culpabilité, puis une période éducative s'ouvre, avant une seconde audience qui prononce la sanction. Ce dispositif permet de tenir compte de l'évolution du mineur entre les deux audiences. L'avocat est obligatoirement présent dès le premier acte de procédure. Les parents sont associés à l'ensemble de la procédure et informés à chaque étape.

Dans certains cas les auditions peuvent être fusionnées. 

Mon intervention

J'interviens dès la première heure de garde à vue et accompagne le mineur et sa famille tout au long de la procédure. Je prépare chaque audience avec le mineur, travaille sur son parcours et sa situation personnelle, et plaide devant le juge des enfants ou le tribunal pour enfants selon la gravité des faits. L'objectif est constant : éviter toute inscription durable au casier judiciaire et privilégier une réponse éducative adaptée à la situation réelle du jeune.

Des premières réponses à vos questions

À partir de quel âge un enfant peut-il être poursuivi pénalement ?

Il n'existe pas d'âge minimum absolu, mais la responsabilité pénale est conditionnée à la capacité de discernement.

En dessous de 13 ans, le mineur est présumé ne pas avoir cette capacité, il peut néanmoins être poursuivi si les éléments du dossier démontrent le contraire.

À partir de 13 ans, la capacité de discernement est présumée.

En dessous de 13 ans, seules des mesures éducatives peuvent être prononcées, jamais de peines.

Quelle est la différence entre une mesure éducative et une peine ?

La mesure éducative vise à accompagner, encadrer et réinsérer le mineur, elle peut prendre la forme d'un suivi éducatif, d'un placement, d'une mesure de réparation envers la victime.

La peine, elle, a une dimension punitive : amende, travail d'intérêt général, emprisonnement.

Le CJPM impose de privilégier les mesures éducatives, et les peines ne peuvent être prononcées qu'à partir de 13 ans. Même lorsqu'une peine est prononcée, elle ne peut jamais dépasser la moitié de ce qu'encourrait un majeur pour les mêmes faits.

Une condamnation restera-t-elle au casier judiciaire ?

Les condamnations prononcées contre un mineur ne figurent qu'au bulletin n°1 du casier judiciaire, celui réservé à la justice, inaccessible aux employeurs et aux administrations.

Les bulletins n°2 et n°3, qui circulent dans la vie professionnelle et administrative, n'en font pas mention. C'est une protection importante. Les mesures éducatives, elles, sont automatiquement retirées du casier après 3 ans.

Pour les condamnations pénales, le retrait n'est pas automatique, il faut en faire la demande auprès du tribunal pour enfants après 3 ans, si le relèvement éducatif est démontré. C'est une démarche que j'accompagne lorsque les conditions sont réunies.

Qu'est-ce que la procédure de mise à l'épreuve éducative ?

C'est la procédure de droit commun prévue par le CJPM. Elle se déroule en deux temps : une première audience statue sur la culpabilité du mineur, puis une période éducative s'ouvre durant laquelle le mineur est suivi et accompagné. Une seconde audience prononce ensuite la sanction, en tenant compte de l'évolution du jeune. Ce dispositif est essentiel : il donne au mineur la possibilité de montrer sa prise de conscience avant que la sanction soit définitivement fixée.

Les parents sont-ils impliqués dans la procédure ?

Oui, systématiquement. Les représentants légaux sont informés dès le placement en garde à vue, convoqués aux audiences et associés à toute la procédure. Leur implication est un élément que le juge prend en compte. Un environnement familial stable et mobilisé joue souvent un rôle positif dans la décision finale c'est pourquoi la préparation de la famille est aussi importante que celle du mineur.

Devant quelle juridiction un mineur est-il jugé ?

Selon la gravité des faits, le mineur comparaît devant le juge des enfants, le tribunal pour enfants ou, pour les crimes les plus graves, la cour d'assises des mineurs. Ces juridictions sont spécialisées et statuent à huis clos, la vie privée du mineur est protégée, et il est interdit de publier tout élément permettant son identification.

Pour les infractions les plus graves, un mineur peut-il vraiment être emprisonné ?

Oui, à partir de 13 ans, l'emprisonnement est possible pour les infractions les plus graves. Mais la peine ne peut jamais dépasser la moitié de la peine encourue par un majeur.

Si la peine maximale est la perpétuité, le mineur ne peut être condamné à plus de 20 ans.

Pour les mineurs de 16 à 18 ans, dans les cas les plus graves, le tribunal peut exceptionnellement décider d'écarter cette réduction de moitié.

La période de sûreté, elle, n'est jamais applicable aux mineurs.

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